Bien bien, j'inaugure la grande Utopie du blog de la HK1 :D
avec des petites notes prises sur F. RIGOLOT (quand j'ai vu son nom je n'ai pas su résister!), Poésie et Renaissance, point Seuil
qui peuvent compléter le cours (vous remarquerez parfois le recoupement)
Remarquez ce n'est que partiel et il y a plein de réferences à des gens inconnus.
1. LA VOIX
« La poésie c?est la voix ? la voix qui est créatrice apparente est en réalité libératrice d?énergie » Paul Valéry
Si « la voix est le déguisement d?une écriture première » (Derrida), la poésie met bel et bien en scène une voix è réelle ou reproduite lors de la lecture.
Problème de la présence = Bonnefoy
La transmission des textes médiévaux montre qu?une culture de l?oralité se maintient dans le travail des copistes avant que l?imprimerie progressivement vienne y mettre fin
( Zumthor)
Il faut attendre le milieu du XIII siècle pour que Rutebeuf « invente » une voix personnelle en poésie (avant, c?était des ménestrels = reproduction surtout => Zink)
François Villon, Marot => singularité d?une voix.
Marot : parler de soi seulement selon les règles de l?art => critique Villon. Il lui manquerait la sprezzatura (grâce naturelle du courtisan) conseillée par Castiglione (Cortigiano). « élégance et vénusté des paroles » (du Bellay)
=> art de la rhétorique, livres de règles.
La rhétorique, la métrique, loin d?étouffer la voix du lyrisme, recherchent une harmonie.
Harmonie = mot clé dans la conception de la renaissance
« Célestes accords » Scève : musique = fondée sur nombres et proportions = moyen privilégié qui permet de retrouver l?esprit cosmique qui anime les corps célestes.
Lien microcosme ? macrocosme
Pontus de Tyard théoricien .
Collaboration poète musicien. Marot écrit des chansons.
Réaction de la Pléiade, refus, mauvaise foi.
De toute façon défaut de l?art du contrepoint : obscurcit les paroles.
Figure mythique : Orphée. Syncrétisme philosophique et politique. Parole individuelle mais possédée par une fureur. Union du mystique et du poète. Rabelais, Pantagruel, livre 4, le dégel des paroles. Scève et Labé. Désastre amoureux, réussite poétique.
Que mon Orphée hautement anobli
Malgré la Mort, tire son Eurydice
Hors des Enfers de l?Eternel oubli
(Scève, dizain 445)
Ronsard, préface de La Franciade (1572) conseil sur comment dire les vers.
V?u d?oralité. Les amours de Marie. S?adresse à sa bien aimée. « ma parole, c?est toi? » (Jeanneret)
Refus de l?artifice. « J?ai oublié l?art de pétrarquiser » (Du Bellay).
V?u d?authenticité : Les regrets : « J?écris naïvement tout ce qu?au c?ur me touche » (sonnet 21)
« Miroir de son âme » à évidemment, artifice « l?artifice caché, c?est le vrai artifice » (sonnet 142)
importance de la parole, de la présence : « seule la parole de Dieu suffit » (Lefèvre d?Etaples)
rhétorique de l?énergie
- LA VUE : POESIE ET ARTS PLASTIQUES
« Pour la vue, je perds la vie » Scève
présence de la voix + image.
Vue = sens noble.
Le mythe du Pygmalion est l?emblème de la puissance d?illusion de l?art.
Danger des images. Pouvoir.
Trattato della Pittura, Leonardo da Vinci : « le peintre a un tel pouvoir sur les hommes qu?il peut les rendre amoureux d?un tableau qui ne représente même pas une femme réelle ».
Marcile Ficin, théoricien du néoplatonisme, rappelle les exemple de trompe l??il cités par Pline : les raisins de Zeuxis, les vieillards et la Vénus de Praxitèle. Pouvoir des beaux arts sur les passions. La découverte de la perspective exacerbe cet envoûtement. (Panofsky)
Danger. Condamnation. Equilibre à trouver pour l?artiste : plaire et éduquer (movere, docere)
Le Moyen âge a recours à l?allégorie. L?allégorie = alla agoreuein, dire la même chose autrement. Se protègent de la censure morale. Tout art fabulatoire est dangereux, il faut donc donner plusieurs niveaux de lecture.
Aristote admire chez Homère la capacité à créer la réalité (energeian poiein)
Energie chez les romains = à la fois energeia (actio) et enargeia (illustratio)
Viser l?hypotypose : description vive.
Chapman ( Ovid?s Banquet of Sense, 1595 )
To these dead forms, came living beauties essence
Able to make them startle with her presence
Experimentations d?écritures. Matérialisation par l?image : calligrammes, pictogrammes, rébus, emblèmes. Importance du visuel.
Pensée figurée de la Renaissance. Klein.
L??il apprécie les miniatures, les enluminures
Poème rébus (Etienne Tabourot des Accords, Bigarrures, 1572)
Rondeau (Marot) à déchiffrer (mots tous bizarrement disposés )
- Poésie, Ethique et vérité
Scève, un poète de l?obscurité
Pétrarquiste mais surtout poète obscur
Délie
Obscurité = Le lecteur est invité à revivre avec le poète la pénible ascèse qui le conduit au de là de la fragmentation vers une réintégration dans l?ordre amoureux de l?univers
Via negativa
Per angusta ad augusta
Délie objet de plus haute vertu => périlleuse ascension vers le Bien et le Beau
Altior sensus = sens plus haut
L?absence de Laura chez Pétrarque = Laurier, L?or
La paronomase a pour fonction de raviver une présence autrement indicible
Quand?io veggio dal ciel scender l?Aurora
Co la fronte di rose et co crin d?oro,
Amor m?assale, ond?io mi discoloro,
Et dico sospirando : Ivi è l?aura ora.
Délie => mythique. Hécate, Proserpine, Diane etc etc
Celle tu fus, es et seras Délie
« Lune infuse »
« Doulce ennemye »
Délie est la coïncidence des contraires
« en sa beauté gît ma mort et ma vie »
« pour le voir je perds la vie »
remplacer Dieu par une idole féminine
cinq paroles, selon Paul permettent la communication avec Dieu => « objet de plus haute vertu »
dizain carré : dix vers de dix syllabes. Austérité. Synthaxe complexe, heurtée.
Entrée dans une poésie du moi.
Dizain de Prométhée
Présence graphique qui différencie de Pétrarque.
Promotion du visuel : « dévitaliser l?univers, d?affaiblir le sens de la présence et par là de désacraliser le monde, le réduisant à un pur agrégat d?objets » (Ong)
Refus de toute variabilité pétrarquiste ou marotique
Apollinaire : « le poème en forme de morceau de sucre »
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