Mercredi 13 décembre 2006
L'analyse du Bourgeois Gentilhomme est moins farfelue, donc moins drôle, que celle des Fourberies de Scapin, mais ça peut être utile quand même. Résumé encore une fois volé sur alalettre.com.

LE BOURGEOIS GENTILHOMME

MOLIERE

1670

RESUME

Acte I

M. Jourdain, dont le père s'est enrichi en vendant du drap, a décidé de vivre en " homme de qualité ". L'acte s'ouvre sur la conversation des maîtres de musique et de danse qui discutent des mérites de leur art et jugent avec pitié le parvenu qui les paie. Entrée de M. Jourdain qui montre immédiatement son ignorance et sa fatuité. Entrée du ballet qui forme intermède pour passer au second acte (II).

Acte II

Ayant donné son avis sur la musique, M. Jourdain commande un concert et un ballet pour un dîner où il a prié des gens de qualité. Il prend une leçon de danse et de maintien. Arrivée du maître d'armes et discussion véhémente entre les trois professeurs. Le maître de philosophie qui survient est invité à arbitrer le conflit; mais il tourne les trois autres contre lui. Bataille et sortie des combattants. Le maître de philosophie rentre. M. Jourdain désire apprendre "tout ce qu'il pourra". Mais il renonce à la logique, à la morale, à la physique et se décide pour l'orthographe. M. Jourdain reçoit son tailleur qui lui apporte un habit. Entrée de ballet par les garçons tailleurs qui habillent M. Jourdain en cadence (I, III, IV, V).

Acte III

M. Jourdain, qui veut montrer à sa femme et à la servante Nicole ses connaissances nouvelles, réussit seulement à se couvrir de ridicule. M. Jourdain reproche à son mari de fréquenter les nobles, et de ne pas s'occuper du mariage de sa fille. Elle le blâme de recevoir Dorante; mais, malgré ses avis, M. Jourdain se laisse emprunter à nouveau de l'argent par Dorante qui s'est chargé d'offrir une bague à la marquise Dorimène que M. Jourdain courtise. Il se substitue à M. Jourdain pour offrir à Dorimène un dîner et un régal. Nicole prévient Mme Jourdain qu'il y a " anguille sous roche ". Scènes de dépit amoureux entre Cléonte et Lucile, la fille de M. Jourdain, entre Nicole et Covielle. Discussions et raccommodements. M-e Jourdain invite Cléonte à demander la main de Lucile à M. Jourdain, qui refuse parce que Cléonte n'est pas gentilhomme. Covielle propose à Cléonte un stratagème. Arrivée de Dorante et de Dorimène qui s'inquiète des dépenses faites en son honneur. M. Jourdain revient, révèle une fois de plus son ignorance de la civilité et des belles manières. Les convives vont se mettre à table pendant que les cuisiniers font le troisième intermède de danse (III, IV, X, XII, XVI).

Acte IV

Le festin tire à sa fin. M. Jourdain adresse à Dorimène de maladroits compliments quand Mme Jourdain survient, indignée, qui dit leur fait à M. Jourdain, à Dorante et à Dorimène qui veut sortir. Le ménage Jourdain continue à se disputer quand apparaît Covielle (déguisé en Turc). Il annonce à M. Jourdain que le fils du Grand Turc (Cléonte également déguisé en Turc) a vu Lucile, s'est épris d'elle et veut l'épouser. Covielle, en flattant les prétentions nobiliaires de M. Jourdain, qui va élevé par son futur gendre à la dignité de " mamamouchi ", obtient une réponse favorable aux espérances de Cléonte. Dorante, qui a accepté de favoriser l'intrigue, est présent. Cérémonie burlesque d'anoblissement du bourgeois (I, II, III, IV et cérémonie turque).

Acte V

Mme Jourdain retrouve son mari affublé des insignes de sa nouvelle dignité, et le croit fou. Arrivée de Dorante avec Dorimène qui lui offre de l'épouser. Cléonte et Covielle, en costume turc, qui viennent pour le contrat, sont présentés à Dorimène et Dorante. M. Jourdain veut imposer le fils du Grand Turc comme époux à Lucile qui accepte, en reconnaissant Cléonte sous son déguisement. Même jeu de scène avec Mme Jourdain qui consent au mariage. En attendant le contrat, nouvel intermède de chants et de danses : Ballet des nations avec six entrées (I, III, V, VI).

ANALYSE

I. L'oeuvre: architecture, mouvements, personnages

Structure de l'oeuvre

1. La comédie-ballet

Importance de la musique visible dès l'ouverture: "un grand assemblage d'instruments." Trois premiers actes ponctués par intermède musical: dialogue et musique (acte I), danse des garçons tailleurs (acte II), danse des cuisiniers (acte III). Acte IV: deux chansons à boire (scène 1), danse des Turcs (scène 5). Pièce s'achève sur ballet.

2. La comédie traditionnelle

Intrigue: la même que dans la plupart des pièces de Molière. Intrigue amoureuse se complique car elle est multipliée par 4: Lucile et Cléonte, Nicole et Covielle, M. Jourdain et Dorante amoureux de Dorimène. C'est le valet Covielle qui permet heureux dénouement.

Les personnages

Monsieur Jourdain: Ridicule par son ignorance, et sa crédulité. Obsession d'être anobli. Refuse réalité, se complaît dans univers imaginaire. Egocentrique: ne se soucie pas de sa fille, veut tromper ouvertement sa femme (dernière réplique de la pièce: "à qui la voudra")

Madame Jourdain: Pleine de bon sens et d'énergie, mais pas bornée comme Mme Pernelle. N'a pas honte d'être bourgeoise et veut pouvoir être à l'aise avec son gendre.

Lucile: Fille de M. et Mme Jourdain. N'a pas hérité de la forte personnalité de sa mère.

Nicole: servante classique, au langage direct et savoureux, mais moins active dans l'intrigue que son amoureux, Covielle.

Cléonte: Amoureux de Lucile. Ne veut pas usurper titre de gentilhomme, même s'il peut espérer anoblissement.

Covielle: Valet remarquable par ses dons pour la mise en scène et la comédie.

Dorante: Comte. Personnage ambigu. Cynique, escroc, aime sincèrement Dorimène et a le charme et l'esprit du beau parleur et du gentilhomme raffiné.

Dorimène: Marquise. Plus délicate et désintéressée que Dorante. Choquée en apprenant le rôle qu'on lui a fait jouer auprès de M. Jourdain et recommande à Dorante de ne pas se ruiner pour elle.

II. Le style de l'écrivain

L'originalité de l'oeuvre

Pièce de théâtre par excellence: étymologie: "ce qu'on donne à voir".

Importance de la musique, de la danse, des mouvements et des mimiques des personnages: essayage de la robe de M. Jourdain, exercices de danse, de révérences, d'armes, dispute des maître, faux départs dans la scène du dépit amoureux.

Accessoires indispensables: intruments de musique, fleuret du maître d'armes, table servie de l'acte IV...

Déguisement: un thème central. Spectacle: sujet même de l'oeuvre: M. Jourdain joue la comédie du gentilhomme, Dorante joue le rôle de l'admirateur de M. Jourdain, amoureux feignent d'être fâchés, Covielle et Cléonte jouent les Turcs...

Autres personnages (Mme Jourdain...) soulignent à plusieurs reprises ce mensonge perpétuel.

Covielle met en scène lui-même devant le spectateur la comédie qu'il va jouer (III, 13).

=> Pièce fondée sur l'apparence, la vanité, l'illusion.

Les formes du comique

1. La satire

- Le bourgeois gentilhomme

M. Jourdain est un bourgeois qui rêve d'ascension sociale. Par l'intermédiaire de Cléonte, Molière rappelle que cet anoblissement devrait se mériter autrement que par l'argent (III, 12). Nicole signale que le titre de gentilhomme n'est pas toujours un brevet d'honnêteté ou d'intelligence (III, 12).. Mme Jourdain souligne dangers d'un mariage entre fille de drapier et gentilhomme, mariage qui mettrait toute la famille dans une situation humiliante.

- Le pédantisme

Maître de philosophie parle latin et étale science toute formelle (II, 4).

- La préciosité

Prétention au beau style qui va contre la nature: ex: billet pour la marquise (II, 4).

2. La farce

Forme de comique fondée sur des mimiques ou gestes excessifs => rupture dans comportement habituel d'un personnage. Bergson parle du "mécanique plaqué sur du vivant". Ex: III, 2: rire inextinguible de Nicole l'empêche de se comporter avec raison, la transforme en sorte de marionnette.

3. Le burlesque

Tient de la farce par l'outrance, mais joue sur dissonance entre registre noble ou sérieux et registre trivial. Maîtres se battent comme des collégiens. Séance de grimaces puériles en prononçant les voyelles. Nicole et Mme Jourdain, avec leur langage familier et imagé, introduisent fausses notes dans comédie que veulent jouer M. Jourdain (III, 3) ou Dorante (III, 4).

4. La parodie

Imitation et déformation d'une réalité dont on veut se moquer. Ex: Turquerie, grâce aux costumes et au langage.
par Alaya publié dans : Français
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Mardi 12 décembre 2006
Je mets en ligne le résumé de la pièce (volé sur alalettre.com), et des notes que j'ai prises sur un livre pour les profs, assez bizarre parfois (regardez la magnifique analyse freudienne des Fourberies!)

LES FOURBERIES DE SCAPIN

MOLIERE

1671

Acte I

Naples. Octave a épousé en secret Hyacinthe, une jeune orpheline qu’il a rencontrée par hasard et dont il est tombé immédiatement amoureux. Il se désespère en raison du retour prématuré de son père Argante. En effet ce dernier, qui ignore ce mariage, souhaite le marier à la fille de son ami Géronte, une jeune inconnue qui a momentanément disparu.

Le fils de Géronte, Léandre, est lui secrètement amoureux de Zerbinette une jeune esclave égyptienne. Cette dernière risque d’être enlevée si Léandre ne rachète pas rapidement sa liberté.

Octave se confie à Scapin , le valet de son ami Léandre. Scapin est un valet rusé, jamais à court d’idées :  « A vous dire la vérité, il y a peu de choses qui me soient impossibles, quand je m'en veux mêler. J'ai sans doute reçu du Ciel un génie assez beau pour toutes les fabriques de ces gentillesses d'esprit, de ces galanteries ingénieuses, à qui le vulgaire ignorant donne le nom de fourberies; et je puis dire sans vanité qu'on n'a guère vu d'homme qui fût plus habile ouvrier de ressorts et d'intrigues, qui ait acquis plus de gloire que moi dans ce noble métier. Mais, ma foi, le mérite est trop maltraité aujourd'hui, et j'ai renoncé à toutes choses depuis certain chagrin d'une affaire qui m'arriva ».

Touché par l’amour des deux jeunes gens et impatient d'essayer de nouvelles ruses , Scapin accepte de les aider. Il va s’attacher pour cela la collaboration de Silvestre, valet d’Octave.

Le vieil Argante est fou de colère , car il vient d’apprendre le mariage secret de son fils et menace de le déshériter. C’est alors qu’intervient Scapin qui fait croire au vieil homme que son fils, ayant été surpris chez sa belle, n'a eu d'autre issue que de l’épouser. Tout n’est pas perdu, suggère le fourbe Scapin, car le frère de Hyacinthe serait prêt à un arrangement en échange d’une forte somme d’argent. La force de conviction de Scapin , puis les menaces physiques de ce prétendu frère ( en fait, Sylvestre, le valet complice, déguisé) parviennent à convaincre Argante. Il se résigne à donner les deux cents pistoles à Scapin.

 

Acte II

 Scapin décide alors de s’attaquer à Géronte . Celui-ci vient de rentrer de voyage et attend l’arrivée de sa fille qu’il a fait élever à Tarente et qu’il a promise à Octave le fils de son ami Argante. Il reproche d’ailleurs à ce dernier d’avoir mal élevé son fils, ce à quoi Géronte lui réplique, grâce aux arguments fallacieux de Scapin que lui a fait bien pire avec son fils Léandre.

C’est lors qu’arrive Léandre que Géronte repousse, après avoir mentionné l’aveu de Scapin.   Léandre, tout d’abord furieux, souhaite se venger de Scapin, mais il finit par supplier l’habile serviteur de lui trouver la somme d’argent nécessaire qui lui permettra de racheter celle qu’il aime. Scapin décide donc de s’attaquer cette fois à Géronte : il  lui fait croire que son fils a été enlevé et qu’il est retenu dans une galère turque. Il ne pourra être libéré que contre le paiement d’une rançon de quinze-cent écus. Le vieil homme se lamente : « Que diable allait-il faire dans cette galère ? » et essaye par tous les moyens d’échapper au paiement de la rançon . Il finit toutefois par laisser sa bourse à Scapin qui se dépêche de donner l’argent à Léandre et Octave. Mais Scapin ne souhaite pas en rester là. Il veut se venger de Géronte qui, à la suite d’un malentendu, a fait douter Léandre de sa loyauté.

Acte III

Scapin et Sylvestre, les deux serviteurs parviennent à rassurer Hyacinthe et Zerbinette et leur indiquer qu’ils ont bon espoir de vaincre l’hostilité des deux vieillards et de sauver leurs amours.

Vient ensuite le temps de la vengeance. Scapin prévient Géronte que des hommes sont à sa recherche parce qu’il a tenté de rompre le mariage d’Argante. Ils souhaitent lui faire un mauvais sort. Afin de venir en aide au vieil homme, Scapin propose à Géronte de se dissimuler dans un sac que Scapin se dépêche de fermer. Contrefaisant sa voix et jouant plusieurs rôles, il le roue de coups de bâton. Mais Géronte finit par découvrir la supercherie. Scapin doit s’enfuir. C’est alors que Zerbinette révèle impudemment à Géronte, qu’elle ne connaît pas , l’histoire de la galère qui a permis à Scapin de lui soutirer quinze cent écus. Géronte et Argante se retrouvent et se promettent de se venger de Scapin. Géronte souhaite même faire pendre le valet rusé. Une coïncidence miraculeuse permettra à Scapin de se tirer d’affaire : Géronte apprend que l’on a retrouvé sa fille et que celle-ci n’est autre que Hyacinthe. C’est alors que Léandre montre le bijou que portait Zerbinette enfant lorsque les égyptiens l’ont enlevée. Grâce à ce joyau , Argante reconnaît sa fille. Léandre peut ainsi épouser . Touts s’arrange donc idéalement pour les 4 amoureux. C’est alors qu’on annonce que Scapin a reçu sur la tête un marteau tombé d’un échafaudage. Il est à l’agonie, ce qui lui vaut d’obtenir le pardon des deux vieillards. Cette indulgence lui redonne goût à la vie et il demande qu’on le porte à la table du festin.

I. L'auteur et l'oeuvre dans leurs contextes

1671: Toute dernière période de la carrière de Molière. Rupture avec tendances de grande comédie et de grand spectacle (fusion des arts: poésie, musique, danse. Collaboration avec Lully). Retour à la farce. Importance de l'aspect purement dramatique du spectacle théâtral. Rupture avec Lully. On reproche aux Fourberies de Scapin d'être indignes de l'auteur du Misanthrope. Mais pour Molière, son théâtre vise avant tout à "faire rire les honnêtes gens". Affirmation de la toute-puissance du rire, plus nécessaire encore quand vie de Molière devient plus difficile: femmes, maladie...

II. L'oeuvre: architecture, mouvements, personnages

Situation conventionnelle, éléments qui sont des conventions (retour du père...) => Molière accumule conventions pour montrer qu'il s'agit bien de théâtre et non de réalité. Plusieurs lectures possibles:

1. Lecture dramatique

Scapin: deux rôles: valet et fourbe. Evolution en profondeur des formes comiques au cours du siècle: entre 1635 et 1651, dix serviteurs sont personnages centraux, sur 54 pièces. Entre 1652 et 1673, 50 sur 171. Part croissante prise par le serviteur + changement de nature du personnage: du valet balourd et grotesque à l'espagnole, on passe au serviteur actif et rusé à l'italienne.

2. Lecture sociologique

Primauté prise par valet en relation avec certains mouvements qui affectent la société d'Ancien Régime dans son ensemble: composante bourgeoise => changement de statut social des serviteurs. Scapin affirme, face à tyrannie des pères, la liberté contre la contrainte, l'amour contre la loi sociale, la nature (liée au plaisir) contre la société bourgeoise. Revanche du faible sur le fort => Scapin: figure emblématique du valet subversif (cf Figaro, un siècle plus tard). Scapin: triomphe du naturalisme de Molière: confiance accordée à la loi naturelle du plaisir. Roi des fourbes, constamment au-dessus des contingences (cf. Dom Juan)

3. Lecture psycho-critique

Scapin: "la fantaisie de triomphe": prend la place de Léandre et d'Octave pour assurer victoire sur autorité du père et ce qu'elle représente (argent, loi, ordre social) => héritier du rôle de fou + Figure emblématique du "sauveur": héros quasi-divin, qui tient du Ciel ses talents. Triomphe de tout, même de la défaite. C'est lui qui a le dernier mot. Au moment même où il affirme sa mort, il consacre son éternité.

4. Lecture psychanalytique

Scapin lié à jeunesse, amour, désir, risque, aventure, courage.

Schéma freudien: conflit oedipien: Scapin: projection de l'inconscient filial, les diverses fourberies représentent le meurtre du père. Avec Scapin, le ça (le plaisir) expulse le surmoi (le principe de réalité): rires enfantins => nostalgie de cet âge d'or qu'est l'enfance. Le théâtre est lui-même lieu du plaisir, de la fête, face au monde de la réalité.

III. Le style de l'écrivain

Les Fourberies de Scapin: une farce, mais Molière fait presque disparaître grossièreté traditionnellement attachée à la farce (tendance propre à l'ensemble de la comédie au XVIIe)

Personnages s'expriment comme gens de bonne compagnie, à l'exception de quelques injures, etc. => procédés comiques différents de ceux de la farce.

1. L'art du dialogue

Scapin fait marcher ses victimes et mène conversation comme il l'entend.

Scène III, 1: dialogue fait apparaître différences entre Hyacinthe et Zerbinette.

2. Les parlers de fantaisie

Scapin capable d'imiter langues et parlers fivers.

3. L'art de la répétition

Répliques répétées mot à mot (I, 4), phrases-refrains ("Que diable allait-il faire dans cette galère?"), reprises de mots d'une scène à l'autre (entre II, 3 et II, 4), progression d'expressions ("je n'en puis plus, je suis roué, je suis mort", III, 2), martèlement de phrases comme autant de "coups de bâton" (III, 13)...

4. Le génie de l'invention

Scapin peuple la scène d'êtres imaginaires auxquels il donne vie par la magie du verbe.

Richesse de vocabulaire (ex: pour désigner ses ruses)

Plasticité d'expression, tons multiples: ironie, sympathie, sérieux, emjouement...

5. L'union du mot et du geste

Comique très visuel => mot: prolongement du geste, et geste: ponctuation du mot.

cf scène du sac: véritable ballet du fourbe autour de sa victime ensachée.

par Alaya publié dans : Français
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Samedi 11 novembre 2006
Pour fêter le début de l'étude de Suréna, je vous propose une photo de la statue de Corneille, place du Panthéon.

par Alaya publié dans : Français
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Vendredi 3 novembre 2006
Sur www.alalettre.com il y a des résumés du Misanthrope, du Bourgeois Gentilhomme et des Fourberies de Scapin. J'ai fait un résumé du Tartuffe, mais faut pas croire que j'ai bossé pour ça et me remercier, j'ai fait ça il y a deeees années, donc je suis même pas sûre du contenu, mais je me suis dit qu'il fallait peut-être que je mette quelque chose moi aussi sur ce site (déléguée indigne), et, vu que j'ai pas encore fini le Démier (donc vous pouvez évaluer l'étendue de mon retard), je mets ça. Voilà, j'arrête de raconter ma vie parce que je sais que vous attendez tous avec impatience ce magnifique résumé, donc je ne vais pas vous tenir en haleine plus longtemps.

TARTUFFE

MOLIERE

1669

Madame Pernelle: mère d'Orgon

Orgon: mari d'Elmire

Elmire: seconde femme d'Orgon

Damis: fils d'Orgon

Mariane: fille d'Orgon et amante de Valère

Valère: amant de Mariane

Cléante: beau-frère d'Orgon

Tartuffe: faux dévot

Dorine: servante de Mariane

Monsieur Loyal: sergent

Un officier de police

Flipote: servante de Madame Pernelle

Madame Pernelle critique Elmire, Damis, Mariane, Cléante et Dorine, mais fait l'éloge de Tartuffe car c'est un dévot. Les autres lui disent que c'est un faux dévot mais elle ne le croit pas. On apprend qu'Orgon idolâtre Tartuffe et qu'il s'opposera peut-être au mariage de Mariane et de Valère à cause de Tartuffe. Orgon revient après plusieurs jours, il demande des nouvelles. Elmire était malade mais ça ne l'intéresse pas. Il veut des nouvelles de Tartuffe.

orgon raconte comment il a rencontré Tartuffe à l'église et l'a accueilli chez lui. Depuis, il ne s'intéresse qu'à lui. Orgon accuse Cléante, qui essaye de lui montrer que Tartuffe est un faux dévot, de manquer de respect envers la religion. Orgon demande à Mariane d'épouser Tartuffe. Elle a accepte pour ne pas contrarier son père. Valère l'accuse de tromperie. Mariane lui conseille de l'oublier, car elle va épouser Tartuffe. Dorine arrive à les réconcilier.

Tartuffe fait la cour à Elmire, mais Damis les entend. Orgon arrive, Damis lui dévoile ce qu'il a entendu, Tartuffe avoue mais Orgon croit que Damis a tout inventé car il n'aime pas Tartuffe, et le renvoie de la maison, même si Tartuffe continue de tout avouer. Il propose de s'en aller pour ne pas causer plus de troublesmais Orgon le retient et veut lui faire don de toute sa fortune. Tartuffe accepte parce qu'il a peur "que tout ce bien ne tombe en de méchantes mains". Elmire convainc Orgon de se cacher sous la table pour espionner Tartuffe. Orgon voit Tartuffe faire la cour à Elmire.

Il le chasse mais Tartuffe prétend que c'est désormais sa maison. Madame Pernelle ne croit toujours pas que Tartuffe est un imposteur. M. Loyal arrive de la part de Tartuffe et demande à la famille de partir. Orgon est arrêté à cause d'une cassette qu'il avait donnée à Tartuffe, qui s'en est servi pour convaincre le roi qu'Orgon était complice des frondeurs.

Mais un officier arrive, arrête Tartuffe sur ordre du roi qui le connaissait déjà comme imposteur et qui savait qu'Orgon lui était toujours fidèle.

Attendez, c'est normal si quand je saute des lignes ça se voit quand je publie l'article et si je dois modifier le code à la main?
par Alaya publié dans : Français
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Mercredi 1 novembre 2006

ayant étudié George Dandin en première, je met mon cours à votre disposition.

 

George Dandin Molière

1668

I - L'AUTEUR

 

1°/ Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière (1622 - 1673)

- l'Illustre Théâtre , fondé en 1643 ac Madeleine Béjart;

- ms obligé de s'engager avec Madeleine ds une troupe de comédiens ambulants

(durant 15 ans) pr causes financières;

- 1ères farces (La Jalousie du Barbouillé, 1646) et comédies (Le dépit Amoureux, 1656)

- retour à Paris en 1658, protection du duc d'Orléans, joue dvt Louis XIV (Le docteur

amoureux, farce)

- triomphe en 1659 ac les Précieuses Ridicules;

- s'installe ac sa troupe au Palais Royal en 1661

- de là, multiples succès : L'école des maris (1661), L'école des femmes (1662)...

- cpdt ennuis : Ecoles des femmes condamnée par les dévots

Le Tartuffe (1664) scandale et interdiction de la pièce par dévots

Dom Juan (1665) idem;

- après le Misanthope (1666) il revient à un théâtre + divertissant : comédie-ballet ac

Le Bourgeois gentilhomme (1670), la farce ac Les Fourberies de Scapin (1671),

comédies moins politiques ac L'Avare (1668) et Les Femmes Savantes (1672);

- meurt au cours de la 4ème représentation du Malade imaginaire

 

2°/ Une tradition farcesque

- ses 1ères pièces st des farces : La jalousie du Barbouillé; Le Médecin Volant (1647)

et il continuera tjrs d'en écrire (Le Médecin malgré lui, 1666)

- d'ailleurs prcocédés farcesques ds ttes ses pièces:

- comédies de moeurs et d'intrigue : cps de bâtons ds Les Précieuses Ridicules et

Les Fourberies de Scapin ;

- gdes comédies : soupirs d'Arnolphe ds L'école des femmes ; épisode d'Orgon

caché s/s la table ds Le Tartuffe ; celui du valet Du Bois ds le Misanthope

- comédies-ballets : Le Bourgeois gentilhomme

- il renouvelle cpdt le genre en faisant fusionner 2 traditions: farce française (thèmes du

mariage et de l'adultère à Sganarelle, en 1660) et farce italienne (mettant en scène

l'opposition entre un viellard et des jeunes gens aidés par un fourbe à Les Fourberies

 

de Scapin). Il retient =nt de la farce les persos (valets et servantes, médecins, figure

du pédant); les situations (les précieuses ignorent que leurs soupirants st des valets);

le gestuelle, les déguisements, la verdeur du langage (Le Médecin malgré lui) et la

répétition mécanique des gestes et des mots.

- cpdt farce pas seulement divertissante, elle dévoile aussi les êtres et leurs

travers: Harpagon ds l'Avare, Orgon ds le Tartuffe.

- on peut =mt rattacher au théâtre de divertissmt les comédies comportant des inter-

mèdes chantés ou dansés : Le Bourgeois gentilhomme (sur une musique de Lully) et

George Dandin

- cpdt la farce n'est qu'un aspect de sa prod Le dépit Amoureux témoigne déjà d'une

recherche psychologique, Les Précieuses Ridicules relèvent de la comédie de moeurs

et marquent un effort de se détacher du divertissmt. L'école des femmes inaugure la

gde création molièresque: allusion au pb de la place soc des femmes, vérité psycho,

? morales ac. châtiment du héros...cela dépasse le cadre de la farce.

On retrouve dès lors ds ttes les comédies le refus des simplifications caricaturales

de la farce: ? idéologiques, liées aux cbts de Molière contre les vices et les ridicules de

son tps, la complexité des persos, la recherche de la sincérité = désormais caracté-

ristiques de sa prod.

 

3°/ "Peindre d'après nature"

-"Peindre d'après nature" les moeurs et les caractères, telle est son ambition, avouée

ds La critique de l'école des femmes (1663).

- la satire des moeurs contemporaines est originale par rapport aux conventions de la

comédie romanesque du XVIIè. Il critique les médecins, les excès de la préciosité, les

gens de la justice, la fausse dévotion tout en faisant monter le peuple et son langage sur

scène (valets, servantes, paysans, entremetteurs...).

à d'où création de types représentatifs

4°/ Un comique subtil

- moyens + subtils que la farce: contradictions internes des persos, revirements brutaux

de leurs relations, quiproquos, langage à double sens

à rire fondé sur compréhension intellect

même si le XIX est tenté par une interprétation tragique de Molière, ce comique sérieux

n'oublie jms de faire rire.

5°/ Un idéal de modération et de vérité

 

- lequel s'exprime face à des persos au caractère excessif (Alceste ou Harpagon), ds les

honnêtes gens (Elmire face à Tartuffe et Orgon). Cette modération est liée à un bon sens

raisonnable, par où s'exprime la voix de la nature, qui refuse tt excès et tte hypocrisie.

II - L'OEUVRE

1°/ structure

- III Actes (7+ 8+ 8 sc)

à mm structure qui va en s'aggravant

- but 1 de G.D. : dénoncer la fille

but 2 " " : la montrer en cgnie de son amant

but 3 " " : s'en séparer

- 1ère humiliation : s'excuser auprès de Clitandre

2ème " : se fait frapper

3ème " : aux genous d'A + a besoin de demander ce qu'il doit dire

- pièce précédée du "Gd divertissmnt royal de Versailles"

= pastorale: bergers - stmnts raffinés - préciosité

à contrepoint dramatique : fin pastorale heureuse = fin G.D.

à " niveaux de langue : tragédie en vers, langage soutenu = comédie en

prose, langage familier

- 3 unités = règle imposée au cours du XVIIè, typiquement française, ici:

- unité de lieu : maison G.D.

- " de tps : un jour (commence et finit la nuit)

- " d'action : garantie par le perso de G.D.

 

2°/ personnages

a- George Dandin

 

 

 

 

- un dandin : une clochette pendue au cou du bétail / un niais à de dandiner ("M. de la

Dandinière") = ridicule, grotesque;

- monologues : A I sc 1et 2, A III

à perso solitaire qui ne peut parler qu'à lui-même;

- présent tt le tps (sf sc 3) ms tt le tps dominé (par femme ou b-p);

- peur d'ê cocu ( L'Ecole des Femmes, La noyée de Boccace en 1350); il le devient

emblèmatiqumt A II,sc2 (gestes de Clitandre et Angélique);

- violent ("accomoder son visage à la compote");

- pas très intelligent : ne pense pas à essayer de séduire A;

- sait à la fin qu'il ne pourra pas divorcer d'A (est s/s l'emprise des b-p) dc suicide

probable;

- sa parole est svt différée :

- A I, sc 4 : langage = de celui des b-p;

- A III,sc 7,8 : 1/ coupé par b-p = parole différée

2/ alcool = " disqualifiée

3/ doit répéter = " imposée

- "pauvre type" obsédé par cocuage et titre de propriété

à pathétique

b - beaux-parents

- unité = pv absolu sur ts les persos;

- soucis de bien parler et de montrer leur aristocratie;

- pas de psychologie = archétype de la pte noblesse;

- ridicules : "mamour", dernière phrase " Et nous mamour, allons nous recoucher".

à patronyme révélateur

 

 

 

c- Angélique

- pv de la parole sur G.D. (A II, sc 2);

- mauvaise foi ("que voulez-vous que j'y fasses?");

- statut de femme mariée ("nous") qui ne veut pas s'"enterrer" ds le mariage

à revendication féministe contre le mariage

" humaine " la non-liberté;

- intelligente, émancipée ds sa tête ms pas encore ds ses pratiques (A III, sc 7 "Vous

avez sur moi une puissance absolue.");

- "Tout ce que vous me faites faire ne servira à rien, tt sera demain à recomnnencer"

A III, sc 7) à elle retrompera G.D.

 

 

 

3°/ lecture historique

- étude des moeurs des pts nobles provinciaux infatués de leurs titres : b-p;

- paysannerie riche prête à tt pr avoir un titre nobilière : G.D.;

- ridicule des b-p accordant un titre (ridicule lui aussi!) à G.D. : il n'a aucune légitimité

car ils n'ont aucun droit de lui accorder;

- morgue de l'aristocratie face au paysan : A = G.D.(= victime soc);

- cupidité des 2 côtés;

- réflexion sur les mariages arrangés (dialogue A, Mme de S, A III, sc7);

- position de Molière en faveur de la femme ( Ecole des Femmes) A II,sc 2.

par Madeline publié dans : Français
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