Pendant quelque temps Cléon ne bougea pas, mais ensuite il se vit contraint de faire ce qu'attendait Brasidas. Les soldats athéniens étaient irrités de leur inaction ; ils calculaient à quelle expérience et à quelle audace l'ignorance et la pusillanimité de leur chef allaient se heurter. Ils se rappelaient la répugnance qu'ils avaient éprouvée à quitter leur pays pour venir combattre à ses côtés. Informé de ces rumeurs et ne voulant pas condamner ses hommes à une inaction qui les affligeait, Cléon leva le camp et porta ses troupes en avant. Il employa la tactique téméraire qui lui avait réussi à Pylos et lui avait inspiré une haute confiance dans ses capacités. Il ne pensait même pas qu 'on pût marcher à sa rencontre et, d'après ses dires, il montait en direction d'Amphipolis uniquement pour reconnaître le terrain ; s'il attendait du renfort, ce n'était pas pour s'assurer la certitude de la victoire, en cas d'engagement, mais simplement pour investir la place et l'emporter de vive force. Aussi s'avança-t-il et établit-il son camp sur une colline naturellement fortifiée, en face d'Amphipolis ; il alla, en personne, reconnaître le marécage formé par le Strymôn - et l'emplacement de la ville du côté de la Thrace. Il croyait pouvoir à son gré se retirer sans combat. De fait, on n'apercevait pas d'hommes sur les remparts, on ne voyait personne sortir des portes, qui toutes étaient fermées. Aussi regrettait-il de n'avoir point amené de machines, car la ville ainsi déserte fût tombée entre ses mains.
Thucydide,
La guerre du Péloponnèse (Livre V)
par Alaya
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Partis le soir de Muchinie par un frais vent d'ouest, nous avons abordé le lendemain, vers l'heure de midi, à Corésos, dans l'île de Céos. Comme le vent était contraire, nous y restâmes neuf jours. Repartis dans la soirée, nous parvînmes à Délos avec l'aurore. Une maladie contagieuse affligeait alors les Déliens: leur visage se couvrait d'une lèpre blanche, leurs cheveux blanchissaient, leur cou et leur poitrine enflaient, mais ils ne ressentaient cependant ni fièvre ni grandes douleurs, et les parties inférieures du corps restaient parfaitement indemnes. Ils étaient persuadés que ce fléau les avait atteints par suite de la colère d'Apollon, un personnage de haut rang ayant, contre l'usage traditionnel, été enterré dans leur île. Ils croyaient que c'était pour cette raison que le dieu leur avait infligé cette maladie. Quand à nous, comme si nous avions débarqué chez un peuple d'une autre race ou dans une île de l'Océan, et que nous eussions vu tout-à-coup une race d'hommes bigarrés, nous prîmes la fuite encore de nuit, en nous demandant les uns aux autres, au cours de la navigation, si chacun d'entre nous avait son teint et ses cheveux tels qu'au départ.
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Si vous voulez,
la traduction de l'éloge d'Hélène (en anglais, mais ça permet quand même de se faire une idée).
Et, encore mieux,
l'analyse de tous les mots...
Sûrement trop tard pour demain, mais peut-être utile pour le reste...
par Alaya
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